Marie Drucker actrice ? Après avoir quitté la rédaction de France 2 en 2016, l’ex-star des JT du week-end s’est lancée dans la production et la réalisation de documentaires, tout en assurant la présentation du magazine "Infrarouge" sur la chaîne publique. La retrouver aujourd'hui en patronne impitoyable face à un Vincent Lindon désemparé dans Un autre monde, en salle ce mercredi, n’est toutefois pas une surprise. "Lorsque j’ai décidé de ne plus être journaliste après 23 ans de service, c’était justement pour aller plus vers la création", raconte-t-elle.
"Il se trouve qu’en chemin, Stéphane Brizé m’a proposé non pas un rôle, mais de passer des essais. Il m’était arrivé de jouer mon propre rôle comme dans Ils sont partout d’Yvan Attal. Et là je me suis dit 'moi qui rêve de faire du cinéma, ce serait un poste d’observation extraordinaire'. Après, j’étais certaine que je n’aurais pas le rôle. Mais dès l'instant où j'ai passé les premiers essais, c'est devenu un désir, immédiatement. D'être actrice, je ne sais pas. Mais de jouer dans ce film-là, certainement."
Avant, j’étais complètement sous-perfusion de la tyrannie de l’information. C’était ma grande passion. Aujourd’hui je suis très très loin tout de ça.
Marie Drucker
Non seulement le réalisateur l’a retenu. Mais il lui a confié un rôle central dans ce drame social, celui de Claire Bonnet-Guérin, la DG française d’une firme américaine, aussi cynique qu'inflexible. "Cette femme est le bras armé d’une très grosse machine industrielle", souligne Marie Drucker. "On lui a demandé d’appliquer un plan social et c’est ça son quotidien. Maintenant, je ne peux pas vous dire si c’est une femme qui doute, ni qui elle est quand elle rentre chez elle. Ce sont des questions que j’ai posées à Stéphane Brizé. Mais pour lui je n’en avais pas besoin pour l’incarner."
Est-on vite à l'aise sur un plateau de cinéma lorsqu'on a passé des milliers d'heures devant les caméras d'un JT ? "Il y a quelque chose de beaucoup plus intime que l’exercice de la télévision", avoue-t-elle. "Même si on pourrait penser le contraire, puisqu’on incarne un personnage qui n’est pas soi. Pour moi l’enjeu était surtout de lâcher sur mon image. Ça fait 20 ans que je suis filmée, je sais comment on met la lumière, comment je suis maquillé, comment je suis coiffée. Tout à coup tout ça disparaît et j’y suis allée avec beaucoup d’insouciance en me disant : 'si toi tu ne sais pas pourquoi on t’a choisi, Stéphane Brizé le sait’."
Lorsqu’on lui demande si elle s’est réellement défaite de son ancien métier, Marie Drucker est catégorique : "Quand je dis que je ne suis plus journaliste et qu’on répond 'Ah, mais journaliste un jour, journaliste toujours !', je n’y crois pas du tout", insiste-t-elle. "Pour aller vers mon désir, mon chemin actuel, il a vraiment fallu couper les ponts avec ma profession et ma vie d'avant. On me dit aussi que quand je fais du documentaire, c’est du journalisme. Or je pense que c’est l’exercice absolument inverse."
En pleine campagne présidentielle, Marie Drucker n’avoue aucune frustration de ne plus être à l'antenne, bien au contraire. "Avant, j’étais complètement sous-perfusion de la tyrannie de l’information", sourit-elle. "Hier, c'était ma grande pas...
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